Roundup® et la résistance des mauvaises herbes

Certaines mauvaises herbes développeraient des résistances ?

L’application d’une matière active phytosanitaire (insecticide, fongicide, herbicide et autres biocides en général) peut entraîner l’adaptation de populations d’insectes, de champignons, de mauvaises herbes ou d’autres organismes.

La résistance est définie comme « la capacité de certains individus d’une population (herbes ou ravageurs) à survivre à un traitement phytosanitaire ». (OEPP, 1998).  Une définition plus approfondie indique que « la résistance à un herbicide se caractérise par la capacité héritée et transmissible de plantes d’une population à survivre à un traitement qui permet normalement de les contrôler » (OEPP).

C’est un phénomène bien connu qui existe depuis très longtemps et les agriculteurs ont appris à adapter leurs pratiques afin d’éviter ou retarder l’apparition de ce phénomène appelé résistance.  

L’étude et l’inventaire des résistances de mauvaises herbes sont bien connus et de nombreuses publications scientifiques en attestent. Un site général est consacré par exemple au suivi des résistances de mauvaises herbes pour les grandes familles de désherbants. Les résistances de mauvaises herbes à un certain nombre de désherbants sont répertoriées dès 1970.

Le glyphosate, matière active de Roundup, ne fait pas exception à la règle : le premier cas de résistance a été mis en évidence en 1996 en Australie, plus de 20 ans après sa première utilisation.
 
Des mauvaises herbes résistantes au glyphosate dans les parcelles agricoles : un problème pris très au sérieux par Monsanto.

Le développement de mauvaises herbes résistantes au glyphosate n’existe que dans les zones agricoles et a un caractère marginal, en termes de surfaces concernées, si on compare aux autres familles de désherbants. Un graphique illustre bien la situation (le glyphosate fait partie des glycines, une des familles d’herbicides apparaissant sur le graphique).

Monsanto a mis en place, dès les premiers cas, un vaste plan de surveillance et de réponse. Dans chaque pays et selon les utilisations spécifiques du glyphosate, Monsanto et les prescripteurs locaux mettent au point des recommandations visant à maintenir l’efficacité durable des désherbants Roundup, avec 3 objectifs :

  1. Réduire le risque de développement de mauvaises herbes résistantes
  2. Limiter leur extension géographique
  3. Continuer à faire bénéficier les utilisateurs de l’efficacité de Roundup

L’étude approfondie des cas de résistance survenus permet de connaître plusieurs facteurs déclencheurs, liés à des pratiques inappropriées :

  • Non respect des recommandations d’emploi (dose, stade optimal des mauvaises herbes lors du traitement)
  • Utilisation continue et exclusive d’un même herbicide ou d’herbicides avec le même mode d’action
  • Monoculture conduisant au développement de certaines mauvaises herbes et limitant les méthodes de contrôle

A ce jour (Octobre 2014), 31 espèces de mauvaises herbes résistantes au glyphosate ont été identifiées dans le monde. En France, deux mauvaises herbes sont concernées dans certaines régions du vignoble.  Dans la plupart des cas, les pratiques agronomiques recommandées par Monsanto ou par les prescripteurs locaux ont permis aux agriculteurs : 1) de contrôler de manière  satisfaisante l’herbe résistance et d’empêcher sa dissémination, 2) de continuer à bénéficier de Roundup (seul ou en association avec d’autres herbicides).


Références