La chrysomèle du maïs : la rotation des cultures est-elle une solution pour lutter contre cet insecte ravageur ?

23/08/2009

D’après les services officiels de contrôle, un insecte ravageur, la chrysomèle (nom latin Diabrotica virgifera), devient de plus en plus présent dans le maïs, surtout dans la région Rhône-Alpes et en Alsace.  Les larves de cet insecte se développent et consomment les racines, puis les adultes se déplacent et se nourrissent des feuilles et des fleurs.  C’est un ravageur qui peut faire baisser fortement les rendements jusqu’à 70-80%, comme cela arrive en Europe centrale ! 

                                             

Jusqu’à ce jour, l’envahissement a été maîtrisé en France par l’utilisation de produits chimiques.  Par ailleurs, beaucoup de personnes préconisent l’arrêt de la monoculture ou l’introduction de rotations plus longues (intervalle plus long entre deux cultures de maïs). 

Une publication de chercheurs allemand (Université de Göttingen) et américains (Universités d’Iowa et d’Illinois) indique que « La rotation du maïs avec une autre culture […] a été la stratégie principale utilisée par les producteurs nord-américains et qui restera efficace jusque dans la moitié des années 90 » pour lutter contre la chrysomèle et protéger les rendements.  Mais depuis 1995, les choses ont changé et “des dommages sévères aux racines se sont répandus dans des champs de maïs […] qui étaient en rotation annuelle régulière avec du soja depuis plusieurs décades. L’échec de cette tactique culturale […] a été attribué à une adaptation de comportement du ravageur […] qui a perdu sa fidélité au maïs […] ».  En résumé, après 1995, la rotation n’a plus permis de maîtriser l’insecte.

Comme c’est souvent le cas en agriculture, la solution se trouve très probablement dans le panachage des solutions disponibles : agronomie et rotation, insecticides, et peut-être cultures transgéniques capables de se défendre elles-mêmes contre l’insecte.  Les agriculteurs doivent pouvoir choisir les meilleures solutions adaptées au contexte de leur ferme. 

Les agriculteurs nord-américains, qui ont cultivé 12 millions d’hectares de maïs résistant à la chrysomèle en 2008, ont déjà ce choix depuis 2003. 

Voir l’article scientifique en cliquant ici ou bien se procurer le document « Adaptation and Invasiveness of Western Corn Rootworm : Intensifying Research on a Worsening Pest », par M.C. Gray (University of Illinois), T.W.Sappington and N.J. Miller (USDA, Iowa State University), J.Moeser (Université de Göttingen, Allemagne), and M.O.Bohn (University of Illinois). L’article est paru dans Annual review of entomology, 2009.54, pages 303-321.

Voir un récent article du Monde faisant un point sur la situation en France en cliquant ici.