L’Académie des sciences planche sur l’alimentation mondiale

22/04/2011

« Démographie, climat et alimentation mondiale », c’est le titre du nouveau rapport de l’Académie des sciences préparé sous la direction de Henri Leridon et Ghislain de Marsily.

Issu de consultations pluri-disciplinaires, le rapport parle de démographie mondiale, de modes d’alimentation, de disponibilité des ressources pour l’agriculture, de perspectives de changement climatique, de contraintes environnementales.

Concernant la production agricole mondiale, on pourra noter une constatation d’importance : la situation actuelle dégradée résulte d’un certain nombre de facteurs dont : « production insuffisante dans plusieurs pays du monde ; (…) inégale répartition des ressources alimentaires entre les individus et les nations ». Il est même précisé que « la production agricole actuelle, si elle était plus équitablement répartie, permettrait de satisfaire les besoins de tous à un niveau acceptable. ».

Par ailleurs, les auteurs résument que la production agricole s’appuie sur « quatre facteurs principaux : la disponibilité en sols arables, la disponibilité en eau (…), le climat, et enfin les techniques culturales (main d’œuvre, semences ou variétés culturales, intrants tels qu’engrais, pesticides etc., et degré de mécanisation) ». Sans oublier de préciser que « (…) la disponibilité en sol est véritablement le facteur le plus limitant (…) ».

Les travaux se terminent sur 26 recommandations dans divers domaines : alimentation, démographie, économie, production et gestion des crises. Concernant la production agricole elle-même, on notera quelques points :

  • « Maintenir la libéralisation du commerce mondial » car « la possibilité de nourrir la planète en 2050 ne peut se concevoir que grâce à des transferts massifs d’aliments entre tous les continents. »

  • « Mettre en œuvre des programmes ambitieux de développement » dans les pays pauvres. En particulier, la petite paysannerie doit recevoir « des aides pour augmenter sa production, notamment des prêts pour mobiliser davantage d’intrants (…), pour l’amélioration de variétés végétales, plus résistantes, productives ou économes en eau (…) ». Les auteurs confirment qu’il « apparait impératif d’aider en priorité cette petite paysannerie à intensifier ses pratiques. »

  • Mettre en place « des recherches et mises au point (i) de pratiques agricoles nouvelles comme, par exemple, l’agriculture de précision pour la gestion des intrants et (ii) de variétés nouvelles (obtenues par sélection conventionnelle ou génomique, ou par transgénèse), plus productives, plus efficaces dans l’utilisation de l’eau et des engrais, plus tolérantes au stress biotique et abiotique, doivent être soutenues. »


Référence

Démographie, climat et alimentation mondiale. Mars 2011. Sous la direction de Henri LERIDON et Ghislain de MARSILY, de l’Académie des sciences. Collection Rapport sur la science et la technologie - RST n°32