La Commission Internationale des Industries Agroalimentaires (CIIA) s'est focalisée en 2009 sur les questions liées à la sécurité alimentaire dans le monde

21/01/2010

Le 11 décembre 2009, plus de 70 responsables d'entreprises, hauts fonctionnaires, enseignants-chercheurs et diplomates ont débattu à Paris sur le thème "Les entreprises agroalimentaires et la sécurité alimentaire mondiale" en présence de Mella Frewen, Directrice Générale de la Confédération Internationale des Industries Agricoles et Alimentaires de l'Union Européenne (CIAA) et de Hervé Lejeune, Directeur Général Adjoint et Chef de Cabinet de la FAO.

Selon les minutes de la CIIA, Mme Frewen « a rappelé la définition de l’expression ‘la sécurité alimentaire’ qui déborde la sécurité sanitaire des aliments, puis en a décliné les conséquences ». Plus loin dans son exposé, elle a « signalé la création par 23 grandes entreprises européennes d’un forum consacré à l'agriculture durable sur le site www.saiplatform.org. »

« Selon elle, il faut trouver un équilibre entre l’objectif de la sécurité alimentaire et la libéralisation des échanges en relevant qu’il y a un lien, une corrélation entre sécurité alimentaire et stabilité politique. Elle a, par ailleurs, estimé que les Européens ne doivent pas se comporter comme des enfants gâtés suralimentés et que l'Europe doit faire attention dans ses décisions d'exigences normatives ; en effet, ses décisions influencent le comportement des pays producteurs qui souhaitent non seulement satisfaire les besoins de leur population mais également exporter une partie de leur production, ce qui peut les décourager à adopter de nouvelles technologies, en particulier dans le domaine des ‘biotechs’. »   

M. Lejeune a résumé de nombreux aspects de la sécurité alimentaire mondiale. Il a en particulier indiqué que « pour satisfaire les besoins de 3 milliards d'habitants supplémentaires dont la moitié en Afrique d'ici 2050 (…), il faut accroître la production agricole mondiale de 70% et doubler celle des pays en développement. 80% de la demande devra être satisfaite par la production vivrière locale et 20% par le commerce international alimenté par les pays développés. Tous les potentiels devront donc être exploités et les prix alimentaires devraient augmenter sur le long terme. ». Il a par ailleurs ajouté que la production supplémentaire viendra probablement à 90% de rendements améliorés et à 10% d’une augmentation des terres cultivées.

Lors du débat avec la salle, « M. Lejeune saisit l’occasion de la rencontre et dément formellement que la FAO ait déclaré que l’agriculture « bio » est capable à elle seule de nourrir le monde. Il ajoute d’ailleurs que la France s'isole par rapport au reste du monde dans son refus dogmatique des OGM et qu’on ne peut pas exclure les ‘produits issus de la transgenèse’ si on veut éradiquer la faim et la malnutrition dans le monde (un enfant meurt actuellement toutes les 6 secondes par suite de malnutrition). »

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