Augmenter le rendement du manioc par transgénèse : un défi pour l’alimentation d’un milliard de personnes !

18/03/2010

Lors d’une récente visite en Europe, le Docteur Fauquet, du Donald Danforth Plant Science Center, expert en développement agricole et alimentaire pour les pays africains, a présenté les avancées génétiques sur un tubercule stratégique pour l’alimentation des pays en développement, le manioc (cassava en anglais).

Culture de zone tropicale en Afrique, en Asie et en Amérique du Sud, le manioc est une des premières plantes cultivées dans les pays en développement et reste une  base de « nourriture pour près de 1 milliard de personnes dans 105 pays où la racine fournit jusqu’à un tiers des calories quotidiennes ». En Afrique, c’est la première culture vivrière avant le maïs, l’igname, les plantains, le sorgho, le riz, le millet etc.

D’après de nombreux agronomes, cette culture est peu mise en valeur, car les rendements atteignent seulement 20 à 30% du potentiel qui est limité, entre autres, par la présence endémique de plusieurs virus. Par ailleurs, le manioc ne bénéficie pratiquement d’aucun effort d’amélioration génétique, ce que mériterait une culture aussi stratégique.

D’après le Docteur Fauquet, la présence de deux virus, l’African Cassava Mosaïc Virus (ACMV) et l’ East African Cassava Mosaïc Virus (EACMV), sont à l’origine de pertes très importantes et une équipe spécialisée du Danforth Center expérimente actuellement des variétés prometteuses de manioc génétiquement modifié résistant aux deux virus.

D’autres travaux de recherche visent à mettre au point des maniocs à valeur nutritionnelle améliorée : enrichissement en protéines (permettant d’équilibrer l’apport énergétique du tubercule), production de vitamine A.