Maïs, gestion des mauvaises herbes et production agricole

11/05/2010

En 2009, les cultures OGM tolérantes aux herbicides ont été cultivées sur près de 84 millions d’hectares, ce qui représente 62% des surfaces d‘OGM dans le monde. Dans cet ensemble, les cultures de maïs couvrent une surface importante, en particulier les variétés avec des « gènes empilés » (stacked genes en anglais) ont été cultivées sur 28,7 millions d’hectares, selon l’ISAAA.

Cette utilisation croissante de la tolérance aux herbicides, et au Roundup en particulier, a poussé Alan M. Dewar, entomologiste ayant passé l’essentiel de sa carrière dans la fameuse station de recherche agronomique de Rothamsted (Grande-Bretagne), à formaliser sa réflexion sur l’utilisation potentielle de cette technologie dans l’Union Européenne. Il le fait en publiant une revue scientifique intitulée « GM glyphosate-tolerant maize in Europe can help alleviate the global food shortage » dans la revue Outlooks on Pest management d’avril 2010.

Après avoir fait un état des cultures de maïs et des flores indésirables, l’auteur examine la gamme de désherbants disponibles dans les différents pays. Il indique en particulier que « le nombre de matières actives disponibles va probablement décroître suite à une revue européenne qui va concerner à la fois les nouveaux et anciens pesticides (…)» ; « Cela rend encore plus stratégique le développement dès que possible de stratégies alternatives » ajoute-t-il. Parmi elles, « une autre alternative est déjà disponible et utilisée dans de nombreux pays – les hybrides génétiquement modifiés tolérants à un herbicide (…) ».

Après avoir examiné l’efficacité de la technique pour réduire la concurrence des mauvaises herbes sur le rendement du maïs, il décline divers avantages potentiels en s’appuyant sur la bibliographie scientifique disponible : sécurité des denrées alimentaires, protection des sols, avantages environnementaux et économiques.

Comme pour toute culture OGM, il convient d’adopter de bonnes pratiques de culture. Alan Dewar décline donc les mesures à prendre pour bien gérer les variétés de maïs tolérantes au Roundup : éviter la présence de produits phytosanitaires dans les eaux de surface, éviter ou retarder l’apparition de mauvaises herbes résistantes, bien gérer la biodiversité etc.

L’auteur conclut en disant que « c’est la culture du maïs en elle-même [par rapport à d’autres cultures] qui pourrait avoir un effet sur l’environnement plus important que le fait que ce maïs soit OGM ou non. »