Gérer les résistances simplement, c’est possible

09/05/2011

La stratégie intégrée de gestion des mauvaises herbes, des maladies ou des insectes qui mettent en péril la qualité et le rendement des récoltes agricoles inclut des pratiques visant à retarder ou éviter l’apparition de résistances.

En s’inspirant des travaux du Comité d’action des résistances aux herbicides (HRAC), la définition de la résistance en agriculture pourrait être :  Aptitude héritable d’une population de mauvaises herbes, d’insectes, ou de vecteurs de maladies à survivre et à se reproduire suite à des doses répétées de produits chimiques habituellement suffisantes pour les contrôler de manière satisfaisante ou les détruire.

Ce n’est pas nouveau ! Cela fait des années – plus de 40 ans pour les désherbants – que les résistances sont apparues, et les paysans ont su les gérer de manière durable pour éviter leur extension et maintenir la qualité des récoltes. Avec le temps et l’expérience, ils utilisent des outils très variés : alternance ou mélange de produits chimiques, rotation des cultures, travaux du sol adaptés. L’approche la plus récente étant la gestion intégrée qui consiste à prévenir plutôt que guérir.

Par leur efficacité reconnue, les cultures OGM résistantes aux insectes, dites cultures Bt, peuvent aussi créer des situations de résistance. C’est la raison pour laquelle les acteurs agricoles ont mis en place de vraies stratégies.

  1. Mise en place de zones refuges : C’est une zone - en général 20% de la surface du champ - qui fournit un abri pour des insectes qui restent sensibles à l’insecticide Bt produit par le maïs ou le coton. Elle permet aux rares insectes survivants après avoir ingéré les cultures Bt de pouvoir se reproduire avec des insectes sensibles et engendrer une descendance elle-même sensible au Bt. Ceci préserve l’efficacité de l’insecticide Bt et permet aux cultures de continuer à se défendre elles-mêmes contre les insectes ravageurs. Pour mettre en place les refuges, l’agriculteur doit donc gérer et semer séparément deux types de semences, OGM et non-OGM.

  2. Développement de culture OGM contenant deux insecticides Bt : Si une population d’insectes résistants à un des insecticides apparaît, il y a de grandes chances qu’elle soit sensible à l’autre.

  3. Mise en œuvre de pratiques agronomiques adaptées comme celles déjà mentionnées plus haut.  

La gestion simultanée de ces différentes pratiques, adaptées aux conditions locales, est absolument nécessaire si on veut éviter ou retarder l’apparition de résistances. Depuis 1996, cette stratégie a bien fonctionné pour les OGM mais la recherche doit continuer à imaginer d’autres outils et des solutions nouvelles.

Récemment, Monsanto à obtenu l’autorisation officielle de l’EPA (Environmental Protection Agency) de commercialiser aux Etats-Unis des sacs de semences contenant à la fois les semences OGM et les semences non-OGM. L’agriculteur peut donc semer son champ en une seule opération, ce qui lui permet de gagner du temps. Par ailleurs, l’autorisation a été obtenue pour des variétés de maïs qui contiennent plusieurs insecticides Bt, ce qui a permis de réduire la proportion des plantes de zones refuges (non-OGM) à seulement 5%.

Comme la proportion de plante OGM, fournissant plus de rendement, représente 95% du champ - et non pas 80% comme auparavant – l’agriculteur verra sa production augmenter.


Références

HRAC : Herbicide resistance Action committee

Communiqué de presse de Monsanto du 11 avril 2011