OGM : la France a-t-elle renoncé ?

06/11/2009

Un nouveau rapport intitulé « OGM : la France a-t-elle renoncé ? » propose un décryptage particulièrement incisif et documenté sur les évènements qui se sont déroulés au cours des deux dernières années, en France, mais également en Europe et dans le monde, et qui replace le dossier dans une perspective stratégique globale, sur fond de mondialisation des échanges et de crise alimentaire.

A la fin d’été 2009, les OGM connaissent en effet la situation la plus critique depuis plusieurs années en France : le Grenelle de l’Environnement a débouché sur l’interdiction controversée du maïs MON810 ; il n’y a eu aucune culture expérimentale d’OGM en 2009 ; la recherche publique sur les OGM est officiellement sinistrée et les entreprises du secteur délocalisent. Enfin, la loi OGM, qui a été votée au printemps 2008 dans un contexte de tensions politiques extrêmes, attend toujours la publication de ses décrets d’application.

En Europe aussi le blocage s’étend progressivement : la culture du MON810 est suspendue dans 6 pays sans raison scientifique valable ; les importations de matières premières agricoles en provenance de pays producteurs d’OGM deviennent problématiques, à cause des lenteurs et des incertitudes liées aux procédures d’autorisation en Europe d’OGM cultivés ailleurs dans le monde.

Mais pendant qu’en France et en Europe, le débat porte sur les moyens de préserver une agriculture ‘sans OGM’, l’agriculture OGM s’étend dans le reste du monde, où désormais 13 millions d’agriculteurs cultivent 125 millions d’hectares d’OGM (maïs, soja, coton, colza, betterave à sucre) dans 25 pays, dont 5 grands pays en développement (Inde, Chine, Argentine, Brésil, Afrique du Sud) qui tirent la croissance des OGM. La Chine investit 3,5 milliards de dollars sur 12 ans dans des programmes de recherche sur les OGM.

Dans un contexte mondial où la sécurité des approvisionnements agricoles est désormais au cœur de la préoccupation de tous les Etats, Nicolas Sarkozy appelle de ses vœux une agriculture de production – il l’a encore fait le 27 octobre en annonçant le plan d’aide à l’agriculture -, et qui mette l’accent sur la recherche et l’innovation. Mais dans le même temps, les OGM sont dénigrés au plus haut niveau de l’Etat, et la remise en cause permanente de l’expertise scientifique sur les OGM gangrène le débat.

Comment réconcilier le court terme et le long terme, le temps politique et les enjeux stratégiques pour l’avenir, les intérêts particuliers et l’intérêt général ? C’est cette question que le cabinet Intérel a voulu mettre en avant.