Les 100 questions prioritaires pour le futur de l’agriculture

06/01/2011

Plus de 50 personnalités représentant des organisations diverses (1), dont l’Agence Nationale de la Recherche, ont mené une réflexion approfondie sur le futur de l’agriculture mondiale exprimée en 100 questions (2), destinée « à améliorer le dialogue et la compréhension entre la recherche agricole et le monde politique ».

Reconnaissant l’importance des défis mondiaux de produire l’alimentation de 9 milliards d’habitants au milieu du 21ème siècle, ce travail rappelle qu’il est crucial « de produire 70-100 pour cent d’alimentation en plus, dans un contexte d’impact croissant du changement climatique, de préoccupation de la disponibilité énergétique, de changements régionaux de régimes alimentaires et d’objectif du ‘Millenium development’ de réduire la pauvreté et la faim de moitié d’ici 2015 ». 

Ces questions sont articulées en 4 sections : ressources naturelles, pratiques agronomiques, développement agricole, marchés et consommation.

Quelques questions concernent plus spécifiquement les semences et l’innovation en agriculture :

30. Comment l’amélioration génétique des cultures, les nouvelles technologies, l’utilisation des outils traditionnels et l’amélioration des pratiques agronomiques peuvent-ils être harmonisés pour augmenter la production alimentaire et améliorer l’adaptation au futur changement climatique ?

32. Comment des puits de carbone peuvent-ils être créés à long-terme dans les exploitations agricoles (par exemple avec des pratiques de gestion des sols, des cultures pérennes, des arbres, des étangs, « biochar ») ? »

34. Quels sont les bénéfices et les risques d’adoption des différents types de biotechnologie agricole (impacts environnementaux; sensibilité/résistance aux stress environnementaux comme la chaleur, la sécheresse, la salinité ; risques de résistance accélérée ; sûreté de l’alimentation, vis-à-vis de la santé humaine et de la nutrition ; aspects économiques ; impacts culturels et sociaux). 

36. Quelles sont les mesures pratiques nécessaires pour abaisser les barrières idéologiques entre la culture biologique et les OGM, et ainsi exploiter complètement le potentiel combinatoire des deux modes de production pour atteindre des pratiques de gestion agroécologique compatibles avec une intensification durable de la production alimentaire ? 

42. Quels sont les économies de ressources qui peuvent être réalisées grâce à l’amélioration génétique pour obtenir des résistances aux stress biotiques et abiotiques ?


Notes

  1. Cette réflexion a rassemblé des universités, des centres de recherches agricoles, des institutions gouvernementales, des organisations de développement, le Millenium Institute, la FAO, des ONG, des fondations, des organismes des Nations Unies, des agences (comme l’Agence Nationale pour la Recherche en France) etc. venant d’ Argentine, Bolivie, Canada, Chine, Cuba, Colombie, Etats-Unis, Fidji, France, Ghana, Grande-Bretagne, Hollande, Inde, Irlande, Italie, Kenya, Laos, Nouvelle-Zélande, Philippines, Suisse, et Thaïlande.

  2. Pretty et al. 2010. The Top 100 questions of importance to the future of agriculture, International Journal of Agriculture Sustainability, 8(4), pages 219-236.