Un meilleur rendement agricole aide à réduire le réchauffement climatique

03/02/2011

Selon les chercheurs de l’Université de Stanford aux Etats-Unis, Département des sciences de la terre du FSE (Program on Food Security and Environment), les avancées sur le rendement agricole au cours de la Révolution Verte n’ont pas seulement contribué à nourrir la planète. Ils ont aussi aidé à limiter le réchauffement climatique en réduisant la biomasse « brûlée » – se traduisant au final en gaz à effet de serre (GES) – lorsque les forêts ou les prairies sont remplacées par des terres cultivées. En d’autres termes, pour une production agricole équivalente, des rendements plus élevés ont demandé moins de  nouvelles terres agricoles. Des forêts ou des prairies ont été préservées, alors que le défrichage aurait libéré beaucoup de GES, comme le méthane, le protoxyde d’azote, ou le gaz carbonique.

Ils ont publié les résultats de leur recherche dans une étude intitulée « Gestion des gaz à effet de serre par l’intensification agricole » (Greenhouse gas mitigation by agricultural intensification). D’après eux, l’augmentation de rendements de l’agriculture dite intensive compense largement l’utilisation croissante d’intrants agricoles, les engrais par exemple, dont l’épandage est émetteur de GES.

Les auteurs ont calculé que chaque dollar dépensé dans la recherche pour améliorer les rendements agricoles, a permis de réduire les émissions de GES de 249 kg de CO2, évitant ainsi la diffusion de 13,1 gigatonnes de CO2 par an.  « Nos résultats remettent en cause l’idée que l’agriculture moderne et intensive est par nature plus mauvaise pour l’environnement que l’agriculture dite traditionnelle », observe Jennifer Burney, co-auteur de l’étude.

Au total, les progrès agricoles auraient permis de ne pas produire 161 milliards de tonnes de CO2 entre 1961 et 2005, soit l’équivalent de 34% des émissions enregistrées depuis 1850.


Source:

Burney et al. 2010. Greenhouse gas mitigation by agricultural intensification, PNAS,