La coexistence des cultures OGM et non-OGM serait-elle souhaitable ?

02/11/2010

La coexistence fait peur… L’idée que des cultures OGM voisinent avec des cultures conventionnelles ou bio est maintenant la source de tous les fantasmes, même quand il s’agit de deux espèces différentes incapables de se croiser, comme par exemple du maïs et de la tomate.

Pourtant une étude sur la coexistence du maïs a été récemment menée par plusieurs chercheurs d’universités américaines. Publiée dans la revue Science bien connue et rassemblant 40 années de données, cette étude concerne le maïs OGM dit Bt, maïs qui a été génétiquement modifié pour résister par lui-même aux insectes ravageurs, comme la pyrale. Elle confirme, et on s’y attendait, dans cinq États américains (Illinois, Minnesota, Wisconsin, Iowa et Nebraska) que les cultures de maïs Bt ont fortement limité les populations de pyrale. Ce qui est nouveau a été observé dans les cultures voisines de maïs conventionnel (non OGM), où une réduction des populations de pyrales a également été observée.

Cela s’est traduit par des économies d’insecticides et de meilleurs rendements pour les cultivateurs de maïs Bt, mais aussi des bénéfices très similaires pour les agriculteurs du voisinage cultivant du maïs conventionnel ou bio. Au total, les auteurs estiment que les bénéfices cumulés sur 14 années de culture de maïs Bt s’élèvent à 6,8 milliards de dollars, dont 4,3 pour les agriculteurs cultivant du maïs conventionnel ou bio !

Commentant cette étude, deux chercheurs (Kuntz et Ricroch, 2010) rappellent qu’elle confirme des observations scientifiques déjà faites au voisinage de coton Bt en Chine, ou de papaye résistante à un virus à Hawaï.

Selon l’Association Française des Biotechnologies Végétales, « l’avenir est à l’agro-diversité, c’est à dire à la cohabitation organisée des différents systèmes de culture. »

Dans le quotidien Libération, Sylvestre Huet résume ainsi les conclusions de l’étude américaine : « la technique est efficace, son efficacité s'étend aux champs voisins semés en maïs non modifiés... et il faut absolument maintenir cette co-existence entre maïs-Bt et maïs non modifié pour que l'efficacité globale se maintienne. »

Sources