Les OGM ne sont pas (correctement) évalués !

Chaque OGM subit une double évaluation menée par les autorités publiques. Il s’agit en particulier de l´Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (AESA), de l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments (AFSSA) et du Haut Conseil des Biotechnologies (HCB).

Comme le rappelle le site d´information interministériel sur les OGM, « une entreprise qui souhaite commercialiser un OGM ou un produit qui en dérive ou en contient doit au préalable obtenir une autorisation de mise sur le marché. La décision d'autorisation est adoptée au niveau européen après évaluation scientifique des risques et avis de tous les Etats membres. Elle est valable dans toute l'Union européenne. Les synthèses des dossiers de demande d'autorisation et les avis des comités scientifiques sont accessibles au public. Le public est consulté sur chaque dossier de demande d'autorisation de mise sur le marché. Une fois leur mise sur le marché autorisée, les OGM continuent à faire l'objet de contrôle rigoureux par les pouvoirs publics. »

En France, la loi sur les OGM du 25 juin 2008 confie à l´Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments et/ou au Haut Conseil des Biotechnologies la mission d´évaluer l´impact des OGM sur la santé ou l´environnement avant toute mise sur le marché ou autorisation d´essais en plein champ. Le Haut conseil rassemble en son sein des experts scientifiques et des représentants de la société civile.

Les semences et cultures biotechnologiques produisent actuellement les aliments dont la sécurité et la qualité sont parmi les plus contrôlées tant au niveau scientifique que légal. Ils se voient imposer un parcours similaire à celui des médicaments par exemple. En effet, il faut huit à dix années de travail pour développer une culture biotechnologique qui devra franchir avec succès toutes les étapes - incluant les études d´impact sur la santé et sur l´environnement et les nombreuses évaluations scientifiques et réglementaires de risque - , avant d'être mise sur le marché.

Pourtant, lorsque ces autorités reconnues concluent à l´absence de risque notable des variétés d´OGM, certains remettent en cause leur avis, allant jusqu´à mettre en doute l´indépendance de ces experts.

L´AFSSA s´en est indignée dans un communiqué¹ cosigné par 23 chercheurs : « (… ) Les experts signataires rappellent publiquement leur engagement d´indépendance. Ils considèrent que les conclusions de leurs expertises ne doivent pas servir de prétextes à des prises de positions basées, en réalité, sur des arguments économiques, sociologiques ou politiques de quelque bord qu'ils soient (… ) ».

En décembre 2010, la Commission a rappelé que l’Union Européenne a financé plus de 500 groupes de chercheurs indépendants pour évaluer les OGM, avec un budget de 200 millions d’euros. « Selon les conclusions de ces projets2, il n’existe pas de preuve scientifique, à l’heure actuelle, que les OGM entraînent des risques plus élevés pour l’environnement ou pour la sécurité des denrées alimentaires et des aliments pour animaux que les cultures et les organismes traditionnels ».