Ce qui se cache vraiment derrière les « empilages » !

Depuis plus de dix ans, lorsqu’advient le choix de la semence pour l’année à venir, les agriculteurs de certains pays envisagent l’utilisation d’ « empilages » de gènes (« gene stacking » en anglais). Bien que chaque plante contienne naturellement des milliers de gènes formant un « empilage » hautement complexe, cet article se concentre uniquement sur les gènes nouveaux insérés dans une culture grâce à l’utilisation de la biotechnologie. Les nouveaux gènes, qui proviennent généralement d’une autre plante ou d’un microbe, sont insérés dans le but de créer un caractère spécial, par exemple la capacité de résister à certains insectes. Ces « empilages » de caractères biotechnologiques (quelquefois appelés « traits ») sont désormais largement présents dans des semences utilisées par de nombreux agriculteurs dans le monde.


Telles sont les questions discutées dans ce document.


Comment sont fabriqués les « empilages » de gènes ?

Les semences possédant des caractères biotechnologiques sont désormais largement plantées à travers le monde et la plupart en possède plus d’un. En insérant plusieurs gènes nouveaux dans une semence, les agriculteurs ont désormais un moyen complémentaire pour faire face aux insectes et lutter contre les mauvaises herbes, en utilisant des insecticides et herbicides de manière plus raisonnée. Ces plantes, qui peuvent désormais mieux se protéger par elles-mêmes, aident les agriculteurs à accroître leur production par unité de surface en utilisant éventuellement moins d’engrais, souvent moins de pesticides et aucun labour. Moins de labour implique une diminution de l’érosion du sol et des économies d’énergie.

Les firmes semencières développent les « empilages » selon deux méthodes. D’abord, les firmes utilisent des outils et des techniques modernes afin d’incorporer ces gènes spéciaux dans le génome d’une culture. C’est ainsi que des caractères individuels, tels que la résistance aux herbicides et aux insectes, sont insérés dans la plante. L’ « empilage vecteur » est un exemple de technique utilisée : Il s’agit de deux gènes liés placés directement dans le génome comme n’importe quel caractère. Les firmes peuvent également développer des « empilages » en utilisant des méthodes conventionnelles de sélection où chaque lignée parentale contient un ou plusieurs caractères nouveaux préalablement incorporés, puis en croisant ces lignées et en identifiant la descendance qui contient tous les caractères combinés. En moyenne, ces firmes investissent généralement entre 50 et 100 millions de dollars et passent environ 8 à 10 ans pour concrétiser un produit biotechnologique. Du temps et des dépenses supplémentaires sont souvent nécessaires pour produire des semences de qualité avec « empilage » de gène.

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A quoi servent les « empilages » ?

Les caractères biotechnologiques permettent aux agriculteurs de régler des problèmes courants, tels que les dégâts causés par les insectes réduisant le rendement. Les caractères biotechnologiques peuvent aider les agriculteurs à récolter davantage sur chaque hectare, de façon plus durable, par exemple en utilisant moins de pesticides et aucun labour. L’ « empilage » de caractères biotechnologiques peut permettre de réduire la pression des insectes souterrains et des insectes aériens grâce à deux caractères ou plus « empilés » dans la même semence.

Cependant, tous les agriculteurs ne connaissent pas les mêmes problèmes. Par exemple, les insectes causant des dégâts aux cultures peuvent être aériens ou souterrains. Certaines firmes semencières peuvent utiliser des techniques de sélection des « empilages » afin de créer une semence possédant uniquement l’un ou l’autre des caractères pour pallier les problèmes régionaux que subissent ces agriculteurs. D’autres firmes semencières peuvent choisir de rassembler tous les caractères disponibles dans leur semence, puis ajustent ensuite leurs tarifs dans diverses régions afin de facturer moins quand le caractère est peu indispensable dans cette région. Enfin des firmes semencières, déclarent qu’elles vendent une semence contenant moins de caractères ou même aucun caractère biotechnologique du tout.

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Depuis quand les « empilages » existent-ils ?

En 1997, le premier « empilage » biotechnologique commercial proposé aux agriculteurs fut introduit dans la semence de coton. Cette semence offrait une protection contre les insectes (dont le ver de la capsule du coton, la phalène verdoyante et le ver de la capsule rose) et permettait l’utilisation de glyphosate (le principe actif des herbicides Roundup®) sur la culture pour lutter contre les mauvaises herbes, et ainsi protéger le rendement du coton. Trois ans plus tard, les producteurs de maïs ont vu arriver les premières semences avec « empilage » apportant protection contre la pyrale du maïs et résistance aux herbicides. Les années suivantes, les « empilages » ont fait partie des choix courants des maïsiculteurs. Les cultivateurs de soja peuvent également acheter des semences avec « empilage » ; par exemple, Pioneer a récemment annoncé qu’il envisagait des semences de soja contenant l’ « empilage » du caractère Roundup Ready® de Monsanto et du caractère qualitatif de haute teneur en acide oléique de l’huile, appelé Plenish™, de Pioneer.

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Quelles sont les étapes pour la mise sur le marché de semences contenant un « empilage » de gènes ?

Les caractères biotechnologiques individuels sont soumis à l’autorisation réglementaire des gouvernements, tout comme les combinaisons de ces caractères. Les exigences réglementaires varient selon le type de caractère « empilé » (protection contre les insectes ou autre), le lieu de culture et la destination de la récolte. Dans de nombreux pays, des autorisations d’importation de grain provenant de cultures avec « empilage » sont nécessaires, même lorsque l’importation de ces cultures a préalablement été approuvée dans les pays de production.

  

Avant de commercialiser toute culture avec « empilage », une firme semencière responsable effectue deux choses primordiales qui vont au-delà du respect des conditions réglementaires du pays dans lequel la semence est plantée :

  
  1. Mener des expérimentations au champ complètes pour s’assurer que les performances de la culture seront fiables pour l’agriculteur.
  2. Faire les demandes d’autorisation réglementaire et les obtenir (y compris celles qui sont applicables dans divers pays) pour chaque nouvel « empilage », afin que les cultivateurs puissent commercialiser leur production et ne soient pas pénalisés par les restrictions d’importation et d’exportation. Cela implique que chaque firme produisant un nouvel « empilage » doit s’assurer de développer le dossier scientifique nécessaire, de finaliser les soumissions réglementaires et d’obtenir les autorisations requises.

Il est important de noter que les firmes semencières intéressées par le développement de variétés avec « empilage » ont besoin de travailler préalablement avec les développeurs de caractères (*) afin de signer un accord de licence et en respecter les termes. Les étapes exposées ci-dessus constituent deux raisons importantes pour lesquelles les développeurs de caractères (*) portent une attention particulière à la constitution des « empilages » de caractères, à qui peut les réaliser et sous quelles conditions ils peuvent être obtenus.

(*) Organisations publiques ou privées qui ont mis au point les transgènes conférant le caractère.

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Monsanto permet-elle l’ « empilage» ?

Oui, nous accordons de nombreux droits d’ « empilage » de gènes. Tous ceux qui possèdent une licence n’ont pas les mêmes droits d’ « empilage », mais les développeurs de caractères (**) désireux d’empiler les traits Monsanto ont plusieurs options pour créer de tels produits.

Si un développeur de caractères (**) préfère travailler avec une autre société que Monsanto, il y a au moins deux autres firmes accréditées par Monsanto possédant d’importants droits d’ « empilage » des caractères Monsanto. Une entreprise peut travailler avec ces firmes afin d’obtenir d’autres caractères « empilés » avec les caractères de soja et de maïs de base de Monsanto. Par exemple, nous avons récemment pu dire publiquement que Pioneer possède de larges droits sur nos caractères de maïs et de soja Roundup Ready et peut tout « empiler », sauf un caractère supplémentaire de résistance au glyphosate, avec les traits Roundup Ready (par exemple dans une combinaison Plenish™/Roundup Ready mentionnée plus haut). DuPont propose actuellement un autre « empilage » sur le marché, Roundup Ready avec le soja STS®.

Enfin, il y a d’autres caractères à « empiler », hormis les caractères de Monsanto, et un développeur pourrait très bien travailler avec les fournisseurs de ces caractères tels que les sociétés Dow, Syngenta, Bayer et DuPont pour créer un « empilage » qui ne contienne aucun caractère de Monsanto.

(**) Organisations publiques ou privées qui ont mis au point les transgènes conférant le caractère.

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Quels « empilages » sont disponibles actuellement ?

Les caractères empilés sont disponibles à grande échelle. Comme vous pouvez le constater sur ce tableau, les agriculteurs déclarent semer divers types de semences « empilées » développées par différentes firmes.

Certains de ces produits empilés ne contiennent pas de caractères de Monsanto, ce qui montre que ceux-ci ne sont pas indispensables à la création d’ « empilages ». Certains de ces produits contiennent effectivement un caractère Monsanto, ce qui montre que Monsanto a aussi autorisé la création d’ « empilages » avec des caractères concurrents. Les développeurs de caractères et les agriculteurs ont le choix. Ils peuvent donc opter pour les caractères Monsanto mais peuvent aussi opter pour des caractères d’une ou plusieurs autres firmes ou pour une combinaison de ces différents caractères. Le choix des caractères ou des combinaisons de caractères que les agriculteurs planteront sera probablement basé sur les mêmes critères qui dictent leur choix des semences depuis des dizaines d’années, à savoir les semences qui leur permettront d’obtenir le meilleur rendement sur chaque hectare cultivé.

Dans les 3 à 5 prochaines années, les agriculteurs auront certainement un plus large choix de semences avec « empilage » de caractères. Ces « empilages » contiendront sûrement de nouveaux caractères, telles que la résistance à la sécheresse, une nouvelle résistance à d’autres herbicides et des avantages nutritionnels, tels que la production d’huiles plus diététiques.

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Est-il vraiment justifié d’empiler des gènes ?

Toutes les combinaisons de caractères possibles ne sont pas justifiées. Seuls les caractères qui offrent des avantages complémentaires peuvent être combinés valablement. « Empiler » des gènes apportant le même caractère avec le même mode d’action n’offrirait pas d’intérêt supplémentaire (caractère duplicatif) aux agriculteurs. Des exemples de performances complémentaires sont l’ « empilage » d’un caractère de résistance aux herbicides et d’un caractère de protection contre les insectes, ou bien la combinaison de deux gènes de lutte contre les insectes aux modes d’action différents afin d’éviter l’apparition d’insectes résistants. Combiner deux types différents de résistance aux herbicides dans la même semence offrira plus d’options de lutte contre les mauvaises herbes aux agriculteurs. A l’opposé, placer deux versions différentes de la même résistance aux herbicides n’offre aucun avantage nouveau. C’est pourquoi les firmes, dont Monsanto, n’ont pas licencié ou développé ces types d’ « empilages » de caractères duplicatifs.

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Monsanto semble posséder plus de caractères que quiconque. Cela signifie-t-il que Monsanto contrôle le choix des « empilages » disponibles pour les agriculteurs ?

Non. Comme vous pouvez le constater sur ce tableau, il y a actuellement un certain nombre d’ « empilages » disponibles pour les agriculteurs. Ces semences sont vendues par nos concurrents, ainsi que par des firmes semencières indépendantes. Au vu de la variété des caractères actuellement disponibles, les développeurs de semences ont plusieurs choix de caractères, provenant de plusieurs fournisseurs dont Monsanto. De nombreux caractères indépendants ont également du succès sur le marché.

Monsanto considère que les caractères soumis à des licences réciproques (caractères faisant l’objet de licences internes et externes) sont une condition importante d’une offre plus variée proposée aux agriculteurs. Aujourd’hui, Monsanto collabore avec de nombreux développeurs de semences et de technologies, que ce soit des chercheurs individuels ou nos concurrents, afin que les « empilages » de caractères soient disponibles auprès de certaines firmes semencières.

Le texte original en anglais peut-être consulté à l’adresse : Sorting out the facts behind stacks

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